Secteur International (1956-1992)

  • Présentation du contenu :

    Ce niveau présente les dossiers du secteur International (1970-1988), avec néanmoins des documents datés de 1956 à 1992. Il est scindé en deux sous-parties chronologiques (1971-1982 et 1983-1988), tel que déjà présenté dans l'inventaire des archives du Secrétariat confédéral daté de 2003. À l'époque, cette séparation avait été justifiée pour souligner le changement de dénomination et d'attribution de plusieurs secteurs confédéraux opéré en 1982[1]. Parmi ses attributions, le secteur International a en charge les dossiers produits par le secrétariat Immigrés, ainsi que ceux de l'Institut Syndical de coopération technique internationale (ICSTI) créé en 1961 et devenu en juillet 1984 l'Institut Belleville. Le secteur contribue à l'élaboration et à la mise en œuvre de la politique de la CFDT concernant l'Europe, l'international et l'Outre-mer en lien avec le syndicalisme européen et international. En outre, il organise et coordonne l'intervention de la CFDT à la Confédération syndicale internationale (CSI), à la Confédération européenne des syndicats (CES), à la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE et au Bureau international du travail (BIT). Les décennies des années 1970 et 1980 sont marquées par une forte activité du secteur, qui déploie ses relations auprès de nombreuses organisations syndicales étrangères. Il s'agit notamment d'apporter un soutien aux pays marqués par les dictatures militaires en Amérique du sud. En France, le combat du syndicat polonais Solidarnosc trouvé un écho retentissant au sein de la CFDT.

     

    Organisé en deux grandes parties chronologiques, le plan de classement de cet instrument de recherche est le suivant :

    • Secteur International (1956-1984) : activités du Secrétariat Immigrés ; activités du secteur International ; relations avec les organisations internationales du travail ; relations avec les organisations syndicales du travail ; actions internationales de la CFDT ; relations avec les syndicats d'Europe du Nord et de l'Ouest ; relations avec les syndicats d'Europe de l'Est ; d'Asie ; du Proche et Moyen-Orient ; d'Afrique du Nord ; d'Afrique centrale ; d'Amérique du Nord ; relations avec les organisations syndicales internationales d'Amérique latine ; relations avec les syndicats d'Amérique centrale ; d'Amérique du Sud ; relations avec les syndicats CFDT des DOM-TOM.
    • Secteur International (1977-1992) : activités du secteur International ; relations avec l'OIT ; relations avec les organisations syndicales internationales ; actions internationales de la CFDT ; relations avec les syndicats d'Europe du Nord et de l'Ouest ; d'Europe de l'Est ; d'Afrique du Nord ; d'Afrique centrale ; d'Afrique du Sud ; d'Amérique centrale ; d'Amérique du Sud ; activités du Secrétariat confédéral DOM-TOM.

    [1] Secrétariat confédéral, série 8H (1971-1988), Archives confédérales CFDT, décembre 2003, p.5.

  • Date :

    1956-1992

  • Description physique :

    Importance matérielle : 430 articles, répartis dans 351 boîtes

    Importance matérielle : 35 mètres linéaires

  • Cote :

    CH/8/1722-CH/8/2151

  • Origine : Secteur International
  • Biographie ou Histoire :

    L'histoire du secteur International trouve ses racines dans les liens qui unissent la IVème République à ses colonies, au sein de l'Union française (1946-1958). En 1949, le Bureau confédéral décide, sur recommandation du congrès, la création d'un service Outre-mer, placé sous la responsabilité de Gérard Espéret. Son domaine d'action est triple : les colonies françaises, les travailleurs immigrés et les départements et territoires d'outre-mer (DOM-TOM). A partir de 1957, le service Outre-mer assure l'animation et le secrétariat du Conseil des organisations syndicales d'Union française (COSUF), créé la même année. Après le Congrès de 1958, il n'y a pas encore de véritable secteur international. Il faut alors distinguer ce qui concerne la Communauté et les Territoires d'Outre-mer, de ce qui est à proprement parler l'International. Gérard Espéret en a la charge, aidé de permanents. Au congrès de 1961, on distingue trois missions pour la partie Outre-mer : services au DOM-TOM qui tiennent compte de la spécificité de ces territoires ; participation à la Convention syndicale des centrales croyantes, comme souhaité lors du congrès de 1959 ; organisation de formations par l'Institut syndical de coopération technique internationale (ISCTI), fondé à la suite d'une décision du Bureau confédéral du 20 septembre 1961, et publication d'Énergies syndicales.

    Les problèmes internationaux sont vus essentiellement sous deux aspects : les relations avec la Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISC) et les problèmes européens considérés sous l'angle institutionnel avec une participation aux instances consultatives. Ces activités restent principalement du ressort du Président confédéral. Deux publications sont alors éditées par le secteur : Nouvelles CFTC qui deviendra Nouvelles CFDT et Informations internationales.

    1961-1970, un secteur en cours de constitution :
    Eugène Descamps met progressivement en place un véritable secteur International, qui restait essentiellement centré sur les territoires des anciennes colonies africaines. Gérard Espéret en garde la responsabilité. Le congrès de 1965 distingue trois axes de travail au sein du secteur International :

    • l'Europe et ses problèmes : on s'interroge sur les moyens de créer des conditions d'une action syndicale au niveau de l'Europe, on s'oriente donc vers une action syndicale européenne débordant la traditionnelle action au niveau des seules instances consultatives ;
    • la CFDT et les problèmes du Tiers monde. Trois entités sont regroupées sous cet axe de travail : le service confédéral d'Outre-mer ; la division Afrique-Asie-Tiers-monde ; l'Institut syndical de coopération technique internationale (ISCTI) ;
    • les liaisons et actions internationales : relations avec la CISC ; relations bilatérales (qui restent encore très réduites) ; problèmes rencontrés par les travailleurs immigrés. Le secrétariat Immigrés est créé en janvier 1967 mais ne prend toute sa dimension qu'en avril 1969.

     

    1970-1988, la constitution du secteur International :
    Lors du Congrès de 1970, la Confédération adopte une réforme des structures confédérales. Le secteur International comprend quatre permanents afin de prendre en charge les relations syndicales en Europe et avec l'OCDE, les problèmes généraux du Tiers-monde, de la coopération et des DOM-TOM, le secrétariat de l'ISCTI et le secrétariat Immigrés. Une cinquième personne rejoint l'équipe en novembre 1971 pour coordonner la politique internationale des fédérations, la politique industrielle et des multinationales, la gestion des problèmes de l'Europe. En 1974, la CFDT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Suite au congrès de 1979, elle démissionne de la Confédération mondiale du travail (CMT). Les années qui suivent sont marquées par le soutien apporté par la CFDT au syndicat polonais Solidarnoś.

    En 1982, le secrétariat Immigrés est rattaché au secteur Société-Libertés. En 1984, ce dernier prend la responsabilité du secteur international (1984-1988). Le congrès de 1988 vote l'adhésion de la CFDT à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). Dès 1970, on s'interroge sur l'avenir de l'ISCTI qui correspond davantage à un prolongement de la CFDT qu'à un organisme international à disposition des organisations syndicales étrangères, tel qu'envisagé à sa création. L'institut est considéré à la fois comme un bureau d'études, un centre de formation, un lieu de confrontation en rapport avec la politique internationale de la CFDT. L'ISCTI devient finalement en juillet 1984 l'Institut Belleville tout en gardant son statut d'association loi 1901. Ce nouvel institut s'apparente davantage à une organisation non gouvernementale syndicale, tournée vers des projets solidaires à destination des pays en voie de développement.

    Le secteur International disparaît en 1988 et laisse place à un département International (1988-2001), puis à un service International et Europe, auquel est rattaché une délégation DOM-TOM (depuis 2001).