Photographies du fonds Edmond Maire

  • Présentation du contenu :

    Ce fonds comporte de nombreuses photographies, prises à l'occasion de déplacements et interventions publiques d'Edmond Maire.

  • Date :

    1959-1996

  • Nature du contenu : tirage argentique
  • Description physique :

    Importance matérielle : 0.06 mètres linéaires

    Genre/Carac. phys. : tirage argentique

    Particularité physique : papier

  • Cote :

    CK/2/1-CK/2/55

  • Origine : Edmond Maire
  • Biographie ou Histoire :

    Edmond Maire nait le 24 janvier 1931. Avant-dernier d'une fratrie de sept enfants, il grandit au sein d'une famille modeste et catholique pratiquante, qui fut pour lui tout à la fois un cadre protecteur mais aussi un carcan moral strict. Scolarisé à l'école catholique, il s'ennuie rapidement et décide de ne passer qu'une partie de son baccalauréat, préférant entrer dans la vie active. Grâce à l'appui d'un de ses voisins, il entre à dix-huit ans comme aide laborantin dans l'entreprise de peinture Valentine. Sur place, il est choqué de constater les conditions de sécurité et d'hygiène déplorables dans lesquelles évoluent les ouvriers, en particulier les travailleurs algériens. Mais l'absence de structure syndicale ne lui permet pas de faire remonter le problème plus haut ; il garde toutefois de cette période une forte conscience sociale. En parallèle, il suit les cours du soir du Conservatoire des arts et métiers où il décroche une formation en chimie.

    En 1954, il épouse Raymonde Le Goff et, dans le même temps, est embauché en tant que technicien chimiste par l'entreprise Péchiney à Aubervilliers, après qu'une clause de non-concurrence de l'usine Valentine l'a empêché d'accepter un poste d'ingénieur dans une autre entreprise. Cette fois-ci, il décide d'adhérer à la section syndicale CFTC afin de faire valoir le droit des travailleurs de l'usine. Il se sent toutefois plus proche dans ses convictions de la Fédération des industries chimiques (FIC), où il fait la connaissance de Raymond Marion et Jean-Marie Kieken et découvre le combat de la minorité CFTC.

    En 1958, alors délégué du personnel, il est sollicité par la fédération afin de devenir permanent de la FIC, et d'aider à la restructuration et au développement des syndicats parisiens. Il assure ainsi la mise en place du STIC (Syndicat des travailleurs des industries chimiques). Dans le même temps, il entre au bureau fédéral où, en 1960, il remplace Jean-Marie Kieken au poste de secrétaire général adjoint. Engagé activement contre la guerre d'Algérie, Edmond Maire offre une nouvelle vision du syndicalisme au sein du STIC. Adhérent dès 1960 au PSU (Parti socialiste unifié), il n'est toutefois pas un militant actif. En parallèle, il commence à écrire des articles pour des journaux tels que l'Express ou France observateur, tout en fréquentant les cercles de réflexions de la nouvelle gauche, proches de Pierre Mendès-France.

    En 1963, il succède à Raymond Marion en tant que secrétaire général de la FIC. De ce fait, sa voix a désormais plus de poids non seulement face au patronat de la chimie, mais également au sein même de la CFTC. En effet, tout comme une large partie de la FIC, il adhère au mouvement pour la déconfessionnalisation de la CFTC. Ainsi, les militants de la chimie vont jusqu'à présenter au congrès de 1963 un amendement (retiré par la suite) proposant le sigle d'Union générale du travail (UGT) en lieu et place de celui de la CFTC. De ce fait, il s'agit bel et bien pour Edmond Maire de couper toute référence aux racines chrétiennes de la future CFDT. Dans le même temps, le conseil fédéral adopte un rapport préconisant « l'autogestion socialiste » comme objectif du mouvement ouvrier.

    En parallèle, il continue de fréquenter les cercles de réflexion de gauche, et se lie d'amitié avec Michel Rocard. Tous deux coécrivent une note interne, intitulée Le Contre-Plan, en 1966. Edmond Maire y détaille notamment sa vision d'un syndicalisme nécessairement politique en vue d'aboutir à un mouvement global de changement. En cela, il s'oppose, au sein de la CFDT aux partisans de l'indépendance syndicale stricte, tels qu'Albert Detraz et Jacques Julliard. Par ailleurs, à la différence d'Eugène Descamps, il se refuse à une unité d'action intersyndicale avec la CGT, mais l'approuve au niveau des branches.

    En 1967, il entre au bureau confédéral et l'année suivante, il est le rapporteur de la réforme des structures de la Confédération. Lorsque débute les évènements de mai 1968, Edmond Maire constate que l'environnement de travail est propice aux idées autogestionnaires qu'il porte. Il est très marqué par le caractère contestataire et sociétal du mouvement, bien qu'il pense qu'une révolution politique ne puisse pas se réaliser. Il incarne pour beaucoup l'esprit de synthèse entre la pensée révolutionnaire et le réformisme moderne. Il réussit à convaincre de l'adoption d'une réforme des structures confédérales pour plus de collégialité, et est nommé à la tête du secteur Action revendicative.

    Alors qu'Eugène Descamps apparaît de plus en plus affaibli par la maladie, beaucoup voient en Edmond Maire le représentant d'une nouvelle génération du syndicalisme. Toutefois, afin d'éviter une rupture trop brutale avec l'ancienne génération, il est décidé de nommer Laurent Lucas au poste de président, tandis qu'Edmond Maire devient secrétaire général en 1971. Pendant dix-sept ans (1971-1988), la fonction de secrétaire général connaît une évolution, marquée à la fois par une personnalisation progressive du poste et une influence grandissante des médias audiovisuels. C'est également durant ces années qu'Edmond Maire qualifie la confédération de « bateau ivre », soulignant par-là la situation ambiguë de l'organisation.

    Son premier mandat est marqué par le rejet du programme commun, incompatible selon lui avec le projet autogestionnaire. Travaillant en collaboration avec Pierre Mauroy et Michel Rocard au rapprochement entre le PS, le PSU et la CFDT, il réitère son idée de la nécessité de s'appuyer sur l'union de la gauche. De ce fait, la CFDT accompagne l'organisation des « Assises du socialisme », tandis qu'à titre personnel, Edmond Maire adhère au Parti Socialiste. La période, secouée par les crises économiques, est l'occasion pour les grandes centrales syndicales de multiplier les mobilisations communes contre la politique gouvernementale.

    Lors du congrès de 1976, Edmond Maire, malgré ses propos critiques sur la gauche syndicale, est réélu au poste de secrétaire général ; la confiance n'est toutefois pas renouvelée pour ses proches collaborateurs, notamment Jacques Chérèque. Pour le secrétaire général, un cap a été franchi, tant à la CFDT que dans la sphère politique ; l'heure est à l'autocritique, et la CFDT amorce un changement de ligne et un retour à l'action syndicale, qui s'impose définitivement lors du congrès de Brest en 1979.

    La victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles en 1981 est pour Edmond Maire l'opportunité de défendre ses idées dans un climat « bienveillant ». Toutefois, ce dernier déplore la possibilité d'un « second plan de rigueur » national et abandonne l'idéal autogestionnaire. Les réactions ne se font pas attendre, et les années 1980 sont marquées par l'effondrement des effectifs et l'échec de la CFDT aux élections de la Sécurité Sociale (en 1983). Affaibli dans sa position au sein de la confédération, Edmond Maire ne peut empêcher lors de son dernier congrès (1988) l'élection de Jean Kaspar, au détriment de Nicole Notat qu'il présentait pour lui succéder. Il réussit toutefois lors de ce même congrès, à faire voter l'abandon de la référence au socialisme.

    Lors de son départ de la CFDT, Edmond Maire refuse plusieurs propositions de fonction politiques, préférant se tourner vers la présidence de Villages vacances familles (VVF). Il entame alors une restructuration de l'association, mise à mal dans un milieu devenu très compétitif, et en 1997, aboutit à sa transformation en société anonyme. Une fois sa mission achevée, en 1999, il décide de quitter la structure. Il multiplie les témoignages sur son engagement associatif, particulièrement au sein de l'association France Active (insertion et création d'entreprise), et milite, plus globalement, pour la cause européenne et l'insertion professionnelle.

  • Histoire de la conservation :

    Ces archives ont été constituées par Edmond Maire, à l'occasion de son mandat de secrétaire général de la CFDT, puis comme responsable de Villages vacances familles (VVF) et de diverses associations.

  • Mode de classement :

    Du fait des multiples typologies de documents versés, le fonds Edmond Maire comporte plusieurs cotations attribuées selon la typologie des pièces. Ainsi, outre les entrées propres aux fonds personnels (CP), une entrée a été crée spécifiquement pour le fonds photographiques (CK). Le plan de classement a été réalisé afin d'isoler des thématiques communes aux clichés et traduisant les différentes activités d'Edmond Maire au sein de la CFDT.

  • Conditions d’accès :

    Toutes les photographies sont communicables en salle de lecture.

  • Conditions d’utilisations :

    Par les Archives confédérales

    En vertu d'une exception à des fins de conservation, l'auteur d'une photographie ne peut s'opposer à « la reproduction d'une œuvre et sa représentation effectuées à des fins de conservation ou destinées à préserver les conditions de sa consultation à des fins de recherche ou d'études privées par des particuliers, dans les locaux de l'établissement et sur des terminaux dédiés [&] par des services d'archives, sous réserve que ceux-ci ne recherchent aucun avantage économique ou commercial ». Selon ces conditions, les Archives confédérales sont en droit de procéder à une numérisation de la totalité des affiches, et de rendre communicable, sur un poste informatique en salle de lecture, les fichiers images issus de la numérisation.

    Par une tierce personne

    Reproduction soumise à autorisation de l'auteur ou de ses ayants droit (jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur), en droit de demander la perception de droits patrimoniaux.

    Dans le cas des œuvres collectives, comme des œuvres pseudonymes et anonymes, la durée de ces droits est de soixante-dix ans à compter du 1er janvier de l'année civile suivant celle où l'œuvre a été publiée (art. 123-3 du CPI). Œuvre orpheline non reproductible. En cas d'utilisation, faire porter la mention « Archives CFDT ».

  • Autre instrument de recherche :

    CP/15 et CP/28 Archives d'Edmond Maire

    CAV/2 Archives audio et vidéo du fonds Edmond Maire