Fonds du Syndicat Renault des Travailleurs de l'Automobile (SRTA-CFDT)

  • Présentation du contenu :

    Le fonds de la Régie nationale des usines Renault est le fruit d'un sauvetage et d'une convention signée entre le SRTA et la Confédération, en 1992. C'est pourquoi des archives, qui recouvrent un champ beaucoup plus large que la seule activité du syndicat CFDT (SRTA) de Renault Billancourt sont conservées ici.
    Lettres, publications, tracts, procès-verbaux de réunions syndicales, de CHSCT, du comité d'entreprise, notes syndicales sur la situation de l'entreprise, dossiers personnels des cas particuliers défendus par l'organisation sont les témoins d'une action menée chaque jour par le syndicat mais aussi de la vie d'une entreprise. Le plan de classement est le suivant ;
    - CW/1 : Régie nationale des usines Renault (1938-1992)
    - CW/2 : Vie sociale et syndicale à la Régie nationale des usines Renault (1945- 1993)
    - CW/3 : Instances représentatives du Centre industriel de Billancourt (1938-1995)
    - CW/4 : Syndicat Renault des travailleurs de l'automobile (1936-1992)
    - CW/5 : Collections de bulletins et de tracts du Syndicat Renault des travailleurs de l'automobile, d'autres organisations syndicales et de partis politiques (1947-1992)

  • Date :

    1936-1995

  • Description physique :

    Importance matérielle : 38,5 ml

  • Cote :

    CW_1-CW_5

  • Langue : Français

  • Organisme : Archives CFDT, 47-49 avenue Simon Bolivar, 75019 Paris
  • Biographie ou Histoire :

    Un syndicat dans une entreprise :


    Renault Billancourt, ces deux noms symbole sont liés à l'histoire de l'industrie française, à l'histoire sociale, à l'histoire du syndicalisme et à l'histoire d'une ville, Boulogne. La fermeture définitive de l'usine de l'île Seguin en 1992 a mis fin à une histoire de près d'un siècle.


    Rappelons que la première automobile est sortie de l'atelier de Louis Renault, atelier situé au fond de sa propriété à Boulogne, en 1898. En 1899, une petite usine est construite à Boulogne et va s'étendre progressivement, ateliers et bâtiments remplaçant les rues et les petites propriétés environnantes. Louis Renault achète des terrains à l'Ile Seguin en 1920. Une partie sera mise à la disposition du personnel des usines pour y créer des jardins ouvriers (il y en aura jusqu'en 80). Puis l'île sera concédée aux sportifs, avec la création de terrains de sport pour les salariés de l'usine et la création de clubs. Louis Renault entreprend alors de gigantesques travaux pour relever le niveau de l'île et y construire des ateliers de mécanique. L'île est alors reliée, en 1928, aux autres ateliers (le Trapèze) par un pont de 140 m de long et de 12 m de large. Le premier véhicule sort des ateliers de l'île en 1930. En 1936, l'usine compte 33 000 ouvriers ; en 1940, elle en compte 20 000.


    En juin 1945, l'entreprise Renault est nationalisée, sous le nom de SAUR, Société Anonyme des Usines Renault avec à sa direction Pierre Le Faucheux, puis sous le nom de RNUR, Régie Nationale des Usines Renault. Une section syndicale CFTC s'implante dans l'entreprise. Naissance difficile, la section arrive cependant à s'imposer vis à vis d'une CGT toute puissante. Le 22 juin 1953, le SRTA CFTC est créé. Son rôle est important car c'est à Billancourt que sont négociés tous les accords. Mais dans le groupe Renault, les sections sont de plus en plus importantes, et il apparaît nécessaire de créer une structure regroupant l'ensemble des sites Renault. L'Union Syndicale Renault naît le 21 juin 1958, afin de coordonner l'action professionnelle, économique et sociale dans l'ensemble des établissements, succursales et filiales Renault. Après mai 1968 et l'extension du droit syndical, l'USR se développe. Le congrès d'évolution de 1964 marque une nouvelle étape dans l'histoire du syndicat : la majorité des adhérents accepte le changement de sigle et le syndicat CFTC devient CFDT.
    Avec la décentralisation et le succès du groupe, l'ouverture d'usine et de filiales dans la grande couronne de Paris et en province se multiplie : 1952, ouverture de l'usine de Flins, 1958 Cléon, 1965 Sandouville, 1970 ouverture de l'usine de Douai. Fin des années soixante, l'usine de Billancourt compte 35 000 personnes. Renault Billancourt occupait alors une superficie de 47,5 ha : Ile Seguin 12 ha, Bas-Meudon 4,5 ha, Trapèze 31 ha. Les portes par lesquelles le personnel accédait aux postes de travail étaient au nombre de 20. Lors des distributions de tracts, chacune de celle-ci étaient tenues par une ou deux distributeurs de tracts. En 1970, le tirage de tracts de la CFDT Renault Billancourt était de 15 000 unités.


    Lors de l'éclatement de Billancourt en deux établissements en 1980, le siège social et le CIB, Centre Industriel de Billancourt, le SRTA a continué à fonctionner comme par le passé, la commission exécutive et le conseil syndical étant composé de militants des deux établissements. Les années 80 voient la fermeture de nombreux ateliers : la fonderie en 1983, la fabrique de machines outils en 1987. En 1981, le CIB compte 21 800 salariés, en 1990 8700, en 1992 6 394. Les salariés de l'usine Billancourt passent de 13 600 en 1981 à 1 293 en 1992. En 1992, la direction décide de regrouper le CIB et le Siège Social. La fermeture définitive de l'usine de Billancourt a lieu le 31 mars 1992. Renault Billancourt compte alors 9 000 salariés uniquement du tertiaire.


    Quelques dates :
    1898 - Première automobile Renault
    1899 - Construction des ateliers de l'usine à Boulogne
    1920 - Achat des terrains à l'Ile Seguin ; création de l'usine du Mans
    1936 - 33.000 ouvriers ; grève générale
    1940 - 20.000 ouvriers à Billancourt
    1944 - 4.500 ouvriers à Billancourt ; en juillet, l'usine ferme ses portes
    1945 - 16 juin nationalisation de Renault. SAUR, Société anonyme des usines Renault, et RNUR, Régie nationale des usines Renault
    1946 - Présentation du la 4 CV
    1950 - Présentation de la Frégate
    1952 - Ouverture de l'usine de Flins
    1958 - Ouverture de l'usine de Cléon
    1960 - Le groupe Renault compte 120.000 personnes
    1965 - Ouverture de l'usine de Sandouville
    1966 - Ouverture de la SBFM, (Société Bretonne de Fonderie Mécanique), filiale de Renault à Lorient
    1969 - La production de Billancourt est de 1.100 véhicules par jour ; lancement de la R6
    1970 - Ouverture de l'usine de Douai
    1973 - Lancement de la Renault 4 Fourgonnette ; fin des embauches d'ouvriers spécialisés (OS) à Billancourt
    1983 - Fermeture de la Fonderie
    1984 - Démarrage de la Renault Super 5
    1985 - Début de la fabrication de l'Express
    1987 - La 4L est montée pour la dernière fois en mars ; l'Express et la R5 sortent à 500 unités par jour
    1992 - Le groupe Renault compte 60.000 personnes ; fermeture de l'usine de Billancourt.

  • Histoire de la conservation :

    Le sauvetage des archives :


    Dans le courant de l'année 1989, le Syndicat Renault des Travailleurs de l'Automobile SRTA CFDT, sur l'initiative de son secrétaire général de l'époque, Daniel Labbé, a pris la décision de sauver les archives du syndicat du site de Billancourt. Les archives étaient éparpillées dans les différents locaux syndicaux du site de Boulogne.


    Si les perspectives de la fermeture des usines de Billancourt ne sont pas étrangères à une telle décision, il convient de souligner l'intérêt qu'ont porté les différents dirigeants de ce syndicat à leurs archives et à leur histoire. Le conseil du syndicat adhère à cette idée et demande à Jacques Brohand de suivre cette affaire et d'assurer les conditions matérielles de l'archivage. Eliane des Déserts, secrétaire au syndicat, est associée à Jacques Brohand pour suivre le travail d'archivage : elle est plus particulièrement chargée de veiller au matériel nécessaire à l'archiviste et de taper les préinventaires. Daniel Labbé propose pour ce travail, Marie-Thérèse Chabord, archiviste à la retraite.


    Le 4 avril 1990, les premiers cartons, armoires, valises etc... sont déménagés du 1er au 3e étage de la Bourse du Travail, 245 bd Jean Jaurès à Boulogne. Le 12 avril 1990, Marie Thérèse Chabord commence le tri. Elle consacre quelques heures par semaine au syndicat. Un an plus tard, 133 liasses sont triées, répertoriées. Mme Chabord fait part de son intention de s'arrêter le 27 novembre 1991, et propose pour son remplacement une collègue, Monique Bouscarle. Cette dernière consacrera 2 jours par semaine à ce travail.
    Inlassablement, Jacques Brohand fait le tour des locaux syndicaux du site et ramène les archives à la Bourse du Travail. En janvier 1992, il est décidé de travailler sur place dans un des locaux, au 9 rue Heinrich, à Boulogne. De nombreuses armoires sont remplies de documents. Le local, abandonné depuis de longues années est peu accueillant. Jacques Brohand y installe un minimum de matériel, et Monique Bouscarle accepte d'y travailler. Le tri continue. Jacques Brohand contacte le service des archives confédérales : quelle solution peut-on envisager pour conservation de ces documents ? Aucune décision n'est prise, des hypothèses sont envisagées.


    En juillet 1992, le problème de l'archivage définitif se pose à nouveau. Que faire des liasses qui encombrent une des salles de la Bourse du Travail et des liasses triées de la rue Heinrich ? Le syndicat doit évacuer rapidement la rue Heinrich, le local doit être détruit.


    Devant l'urgence de la situation, la disparition des ateliers de Billancourt, et la richesse de l'histoire syndicale de cette entreprise, il est décidé d'accueillir les archives dans le local des archives confédérales.
    Cette pratique est exceptionnelle car la CFDT a opté pour la décentralisation des archives de l'organisation. Chaque structure reste propriétaire de ses archives et gère elle-même ses archives. Si la structure ne souhaite pas ou ne peut pas garder ses archives, il y a dépôt aux archives départementales les plus proches de la structure. Devant la volonté de ne pas couper le syndicat de son histoire, la proximité du site de Billancourt et des structures nationales CFDT, fédérations et confédération, il est envisagé un dépôt à la Confédération. Un contrat de dépôt engageant le SRTA et la Confédération est établi. Le syndicat reste propriétaire de ses archives, engage un archiviste pour terminer le classement définitif. La Confédération s'engage à garder les archives du syndicat dans les meilleures conditions, à recevoir les chercheurs qui travailleront sur ces archives. Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT et le SRTA signent le contrat en décembre 1992.


    Pendant ce temps, le travail continue, le volume des dossiers grossit. Jacques Brohand continue sa collecte et demande même aux anciens CFDT de Renault de déposer leurs archives, ce qu'ils font bien volontiers. Le 20 juillet 1992, c'est le premier départ des archives vers la Confédération, sous la responsabilité de L. Battais. Ces versements, au départ de la Bourse du Travail ou de la rue Heinrich se multiplient au cours de l'année 1993 : 16 février, 10 mars, 22 mars, 14 mai, 15 juin, 19 juillet. Monique Bouscarle ayant des ennuis de santé, Ghislaine Carrez la remplace quelques semaines. Puis ce sera le tour de Nathalie Noé qui patiemment triera les tracts et les bulletins des organisations politiques et syndicales du site de Billancourt.


    Au total 9 voyages, 26 m3 d'archives entreposées à la Confédération, soit plus de 55 m3 rassemblées, puis triées. Travail de collaboration entre l'équipe du syndicat et particulièrement Jacques Brohand, pour repérer les archives, travail surtout des archivistes, M.T. Chabord, M. Bouscarle, G. Carrez puis N. Noé qui ont accompli un travail minutieux, austère et parfois fastidieux : trier les documents comme ils se présentent, en faire une brève analyse, noter la nature des documents, à qui ils s'adressent, ce qu'ils contiennent et leur date, reconstituer des liasses de procès-verbaux des institutions représentatives, établir un fichier par sujet, en un mot, rendre lisibles les archives. Travail de l'équipe confédérale pour acheminer les documents, les organiser définitivement, et établir un inventaire : cette dernière étape a été réalisée par Pascal Clerc, archiviste CFDT, sous la direction de Louisette Battais.


    60 mètres linéaires sauvés de la destruction pure et simple. Lettres, publications, tracts, procès verbaux de réunions syndicales, de CHS-CT, du comité d'entreprise, notes syndicales sur la situation de l'entreprise, dossiers personnels des cas particuliers défendus par l'organisation documents témoins d'une action menée chaque jour, traces qui constituent la mémoire du syndicat. Mais aussi, archives témoins de la vie d'une entreprise. Ainsi, les quelques 2700 affiches, émanant tant de l'entreprise que des différents syndicats, retracent année par année les principaux événements de l'entreprise, des élections représentatives du personnel à la loterie ou aux congés payés.


    Désormais les historiens et autres chercheurs peuvent accéder à la mémoire de la CFDT-Renault.

  • Information sur l’évaluation :

    Conserver

  • Accroissement :

    Ce fods est clos.

  • Conditions d’accès :

    Statut juridique : archives privées.
    Ces archives sont libres d'accès et communicables en salle de lecture des Archives CFDT, sauf instruction contraire liée aux conditions de conservation.

  • Autre instrument de recherche :

    FRCFDT_CW_6 : Collection des affiches du Syndicat Renault des travailleurs de l'automobile (SRTA-CFDT)